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Quand l’Amour devient une Drogue
Poème
Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
Tout à un coup je ris et je larmoie,
Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Puis, quand je crois ma joie être certaine, Louise LABÉ (1524-1566)
Anna raconte : « J’ai
29 ans, et cela fait désormais 8 ans que j’entretiens avec de multiples
ruptures et réconciliations une relation “en dents de scie” avec un homme.
Et pourtant Il ne m’a jamais vraiment plu, ni physiquement, ni
intellectuellement. Il a été violent physiquement et psychologiquement. J’ai
l’impression d’avoir toujours voulu le quitter, mais malgré de nombreuses
tentatives, j’en ai été incapable .Sa présence, sa joie de vivre me
manquent, et je trouve l’ambiance bien triste sans lui. J’attends et j’espère tellement de lui que quand je suis avec lui j’espère encore plus.
Tant que mes yeux pourront larmes épandre
Tant que ma main pourra les cordes tendre
Je ne souhaite encore point mourir.
Et mon esprit en ce mortel séjour Philippe : « Chaque fois que j’aimais une femme , je l’aimais comme un enfant aime sa mère … Mon drame était que je ne connaissais qu’une façon d’aimer être - fou amoureux - et, c’est toujours la même histoire avec celles que je rencontre et qui me plaisaient. J’aimerais bien la quitter, mais il n’y a rien à faire, je n’y arrive pas. Ma mère peut être parce qu’à l’époque elle n’avait plus d’homme dans sa vie, seulement ses enfants, faisait tout pour nous « garder » grâce au pire des moyens de coercition, la séduction, l’amour. Mon amie aussi en abuse parce qu’elle sent ma faiblesse. »
Baise m’encor,
rebaise-moi et baise ; Louise LABÉ (1524-1566)
Comme des enfants nous sommes dans cette recherche inconsciente du parent perdu, prêts à projeter sur l’autre quel qu’il soit - notre immense attente d’être aimé Au cours de l’enfance, nous étions tout naturellement dépendants de l’amour de nos parents. Insuffisamment ou excessivement gratifiés en nourriture affective, plus tard nous allons rechercher des substituts qui auront pour nom : drogue, alcool, sexe, pouvoir, argent. Et l’amour aussi peut devenir une drogue. Un besoin excessif porte la marque d’une addiction. Le grand amour, on en rêve. Mais quand ça tourne à l’obsession, attention, danger ….. « L’amour est un châtiment. Nous sommes punis de n’avoir pas pu rester seuls. » [Marguerite Yourcenar] Anna disait : « Je pense vouloir rester avec lui parce qu’il calme mes angoisses, renforce mon ego, et parce que j’appréhende énormément la solitude. Sa présence, sa joie de vivre me manquent, et je trouve l’ambiance bien triste sans lui. » ( l’amour comme un remède contre la solitude ?.)
Ou bien comme un +plus qui vient s’ajouter à une identité forte, une ouverture au monde. ? Q : Peut-on dire qu’iI y a plusieurs sortes d’amour ? Oui. Il y a d’abord l’Eros qu’on peut appeler Désir. C’est essentiellement une faim. Et l’on peut remarquer que l’amour apparaît souvent dans les littératures mondiales sous la forme de l’appétit. Ainsi dans le Cantique des cantiques on lit : « Je suis affamée de son amour.» Mais le désir n’est pas l’Amour. L’amour suppose que ce désir s’est focalisé sur une personne déterminée et qu’il submerge celui qui l’éprouve dans son esprit et dans son cœur. On peut alors parler de sentiment amoureux.Les neurobiologistes ont constaté que cet embrasement de l’esprit est provoqué par une forte concentration de dopamine ou de noradrénaline ou des deux, ainsi que par un déficit de sérotonine.
La sexualité est un grand moment de réjouissances, elle peut faciliter l’établissement d’un lien durable, mais elle ne suffit pas. Caresses et massages déclenchent certes l’ocytocine et les endorphines ces hormones de l’attachement, mais l’entente sexuelle, même si elle est exceptionnelle, ne garantit en aucun cas l’amour durable.
Le sentiment amoureux est un besoin un manque. L’amoureux est par nature un obsédé. Mais l’amour sans les lumières de la Raison vogue à la dérive.
HUMOUR Je n’ai que 56 ans et je suis trop jeune pour penser à la mort. De toute façon, je suis pour la vie dans l’autre sens. Je trouve qu’on devrait commencer par la mort, comme cela on serait débarrassé de cette angoisse. Puis on vous installerait dans une maison de repos, de laquelle on finirait par vous mettre à la porte parce que vous êtes trop jeune. On passerait quelques années à voyager ou à jouer au golf, puis on nous donnerait une montre en or et on commencerait à travailler. Cela durerait trente à quarante ans. Quant on aurait rassemblé toute cette expérience, on entrerait à l’université où l’on pourrait apprécier pleinement d’autres expériences comme le sexe, être saoul ou essayer quelques drogues. Puis on irait au lycée, à l’école primaire et enfin à la maternelle. On se ferait câliner par une femme pendant trois ou quatre ans, ensuite on sucerait goulûment une douce mamelle, on passerait neuf mois dans un ventre bien chaud et la vie se terminerait par un orgasme !! Beaucoup plus chouette comme ça, non ?? Signé : Donald Sutherland
Claude Marc Aubry est l'auteur d'un ouvrage intitulé "Chasser la déprime et profiter de la vie" , paru en novembre 1999 aux Editions Dangles.
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